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Shen Gong : L’essence de l’Amer

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La pratique de la connaissance de l’esprit, la partie la plus yang de l’entraînement, est un obstacle souvent perçu comme infranchissable.

Le physique est un travail de longue haleine, mais il suffit de répéter des gestes dans une attention ferme, et tout se met en place.

Par une obstination farouche, les blocages du corps ne résistent pas à la pratique quotidienne, pas plus que la faiblesse ni la fatigue.

L’entraînement énergétique, reposant sur le souffle et la posture, l’attention et le travail du corps, prend appui sur une partie kinesthésique qui soutient l’attention et la sensation.

Dans le Shen Gong, seul l’esprit est observé dans ses mouvements, il n’y a plus de rebord pour s’accrocher.

Sans moyen de pression, sans capacité à forcer, démuni de nos tricheries habituelles, l’esprit n’est pas un sujet d’expérimentation facile.

De plus, dans notre résistance «passive-agressive», notre mental révèle toutes nos tensions, toutes nos incohérences et nos mensonges : plus nous le poussons, plus nous essayons d’échapper à son contrôle, plus il va nous projeter nos inconsistances personnelles.

Ainsi, plus notre vie est pavée de personnages egotiques, plus nous vivons à l’encontre de nos valeurs, plus nous essayons de fuir ce que nous savons important, plus notre mental va nous persécuter.

Nous serons tour à tour englués dans une torpeur salvatrice, une migraine opaque ou une nausée rédemptrice… tout est bon pour ne pas percevoir nos incohérences mises en place depuis de nombreuses années.

Le Shen Gong donne un accès direct à un bonheur profond, une rencontre avec soi-même, qui va ouvrir la «Porte des Merveilles».

Voyons ensemble quelques grandes directives pour passer notre temps de Shen Gong à autre chose que compter les moutons sur la moquette ou prévoir la liste des courses : Les huit Règles de l’essence de l’Amer.

Ne rien attendre : C’est pour le plaisir !

Acceptant que nous commençons toujours une pratique pour une mauvaise raison, il faut comprendre que l’attente à une place particulière dans le Voie (voir le texte sur l’attente).

Elle est nécessaire pour le début d’une pratique soutenue mais elle est aussi à l’origine de nos blocages les plus fourbes.

Il ne nous est pas possible de chasser l’attente de notre esprit, mais il est possible de repositionner notre attention durant la pratique du Shen Gong pour échapper un peu à notre attente.

Chaque jour, asseyez vous pour votre pratique sur l’esprit en passant un contrat avec vous-même : «aujourd’hui je pratique pour rien, pour le plaisir… demain je recommence le recherche d’un accomplissement qui me rendra le plus fort du monde».

Plus sérieusement, asseyez vous dans une totale gratuité, dans la recherche d’un moment à vous seul, pour le plaisir de se connaitre mieux… sans rien attendre.

Il est aussi intéressant de savoir que rien n’arrivera si vous partez dans l’esprit d’un succès quelconque, ou dans la volonté ferme de voir des lumières ou des divinités étincelantes.

Asseyez vous dans l’appréciation du luxe que l’on peut s’offrir de prendre un temps pour regarder son esprit ; sans but, mais avec une direction (l’exercice de Shen Gong du jour).

Ne pas forcer, ou vouloir bien faire : ce n’est pas une compétition

Regarder son esprit, sentir ses émotions ou focaliser son attention ce n’est pas soulever un âne mort, c’est juste une observation interne de nos fonctionnements.

À l’inverse de travail du corps, un effort soutenu dans la tension ne donnera rien de bon.

L’esprit demande une attention soutenue, détendue et enthousiaste qui doit amener une envie de sourire détendu, pas de grimaces de douleurs.

Vous ne serez pas jugé sur vos efforts ou vos performances, il n’y à rien à gagner en forçant… à part peut-être une migraine.

Ne cherchez pas à bien faire ou à rester plus longtemps que votre frère d’école, essayez plutôt de trouver le plaisir de se connaître.

Certains jours, il sera difficile de faire certaines pratiques de Shen Gong, ne résistez donc pas, mais allez chercher d’autres façons de travailler votre esprit : il y en a toujours une plus plaisante pour se regarder penser.

Ne pas s’attacher : un «truc» n’est pas la Paix Mentale

Chaque pratique de Shen Gong doit être un événement unique qui se répète chaque jour : aucune de vos pratiques ne doit se ressembler, ne doit être comparée ou planifiée.

Il est important de s’asseoir dans une ouverture totale aux expériences possibles, sans recherche ou attente d’un résultat précis.

Si un moment est très agréable, il passera ; si c’est très pénible, il passera aussi.

Il ne faut pas chercher à dupliquer les expériences ou à éviter les sensations : laissez aller, lâchez toute attente et profitez de ce moment unique… chaque jour.

Quand vous trouvez des «trucs», des astuces, pour bâcler votre travail de l’esprit, ne vous attachez pas à ceux-ci, acceptez de repartir comme neuf, sans outil.

Regardez votre pratique comme unique et sans technique, un moment ou rien d’autre n’existe que cette grande chance de passer un peu de temps avec soi-même.

L’attention doit se porter sur l’absence de technique, mais sur le but recherché (qui diffère suivant les jours).

Lâcher : Corps Immobile et Pensées Fixes

Pour trouver un état d’esprit propice à la pratique du Shen Gong, il suffit de se poser dans une immobilité tenue, un alignement correct et une détente liée au confort de la positon de méditation.

Sur une bonne chaise, dans un canapé, parfois allongé (pas de sieste, hein !), il faut que le confort du corps soit la source de sa détente.

Si le corps souffre, dans les contorsions ou les tensions, il n’est pas possible de tenir un esprit calme.

Alignez vous, enfoncez votre attention dans cette immobilité et tournez votre attention sur vos productions mentales : regardez maintenant, sans juger, ce qui se passe, allez ensuite dans votre pratique du jour.

Ce lâcher est la base du Shen Gong, les fondations de votre Temple, l’écran blanc où vous projetez la Manifestation : dans cette conscience de la Conscience, immobile et aligné, vous pouvez tout faire.

Accepter : Reconnaissez vos attentes, Valorisez vos Lacunes

Si vous pouviez rencontrer Bouddha ou Lao Zi, vous n’accepteriez pas qu’on vous dise : «vous avez de la chance, aujourd’hui il est de bonne humeur». Non, vous attendez de ces maitres qu’ils soient posés, ouverts et disponibles.

Vous avez donc pour vos idéaux (que ce soit Gandhi, Candy, William Munny ou Jonas Blane) des qualités souhaitées et un accomplissement minimum rêvé.

Vous n’accepteriez pas un soit-disant maître qui ait des débordements d’humeurs ou des préjugés.

Il n’est pas acceptable que son héros soit idiot ou malléable, faible ou geignard.

Vous vous devez donc accepter ces qualités idéales pour vous.

Vous devez accepter de chercher ces qualités pour vous, dans votre pratique et dans votre vie : il n’y a pas de raison que vos idéaux soit seulement des fantasmes, ce sont aussi des valeurs.

Vous vous devez un idéal de qualité. «Il vaut mieux échouer en cherchant à atteindre des idéaux trop hauts que d’arriver à atteindre des idéaux trop bas» (Ali)

Maintenant que vous réalisez vraiment vers quoi vous voulez tendre, acceptez de voir ou vous en êtes pour l’instant… regardez avec réalité ce que vous devez faire, ce qui doit changer.

Regardez vos souffrances dans les yeux, le temps n’est plus à faire l’autruche : c’est le moment d’accepter.

Soyez complaisant avec vous-même : il n’est pas besoin de souffrir

Nous ne reconnaissons pas le besoin d’avoir mal, de souffrir pour progresser.

Pas de «no pain, no gain» pour nous.

Cela ne veux pas dire que nous ne serons pas confrontés à des moments pénibles dans notre pratique, mais seulement ce qui est nécessaire à notre évolution.

Si vous pratiquez tous les jours, vous êtes déjà dans un effort de compréhension et d’introspection qui est louable : reconnaissez vos valeurs comme vous devez prendre conscience de vos défauts.

Ne vous jugez pas, pratiquez.

Questionnez : Demandez des éclaircissements sur votre Voie

Vous devez avoir un professeur pour le travail de Shen Gong, ceux qui pratiquent en «free style» ne feront qu’une sieste active des années durant.

Le travail de l’esprit est une exploration où une carte (concepts clairs) et un guide (professeur compétent) sont nécessaires.

S’il manque l’un ou l’autre, il n’est pas possible d’aller très loin… vraiment !

Phénomènes : Rencontre d’un autre Type !

Dans les pratiques d’assise, de Shen Gong, il va se manifester une myriade de phénomènes : certains sont le signe d’une évolution profonde dans la Voie, d’autres sont des fabrications idiotes de l’esprit pour vous détourner du but.

Les uns sont plus présents que les autres, à vous de savoir lesquels.

Ne vous laissez pas avoir, ne recherchez rien, renseignez vous et aller dans chaque assise comme la première fois.

Les phénomènes sont importants et réels, puisque vous les percevez, mais leur utilité ou les messages qu’ils colportent peuvent être sans valeur.

Prenez du temps pour pratiquer la vision de votre esprit, pour vous connaître, et vous vivrez dans une détente accrue.

Bon Shen Gong.