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Savoir se battre

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Y a-t-il un intérêt aujourd’hui à savoir gérer la violence à son dernier niveau?

Je parle d’une gestion ratée, un moment ou l’action remplace le verbe et où il n’y a plus d’autre solution que de passer aux frappes et aux restrictions physiques.

Dans le monde relativement civilisé où nous vivons, est-ce réellement utile? Si nous vivons dans nos mondes protégés où le risque de se battre est presque nul, où est l’intérêt?

De plus, nous sommes ici dans un entrainement au combat de survie, ce qui n’a rien a voir avec le combat sportif. Cela demande du temps et d’accepter une certaine dose de souffrance pour arriver à quelque chose… Est-ce utile?

Si vous demandez à un homme adulte d’éducation moyenne, de classe sociale moyenne, de 40 à 50 ans, qui vit en ville, s’il s’est déjà battu, la réponse est à 80% négative et dans les 20% qui restent…La vision de la bagarre est parfois de l’ordre de se pousser avec un autre : le besoin justifie-t-il l’entrainement au combat?

Je vous prie aussi de ne pas parler de « se défouler » ou « de contrôler la force de l’autre » ou encore de « faire comme dans les films »…Je reste ici dans un entrainement du combat de survie pour civils (ce qui sous entend que vous faites ce que vous pouvez pour ne pas blesser l’autre tout en vous défendant).

Pourquoi alors s’entrainer à se battre si ça ne sert a rien et que ça fait mal ?

Et bien je vous dirai que c’est pour mieux pouvoir échanger avec l’autre ! Pas changer des coups, mais vraiment échanger entre humains libres et responsables.

Nous disons dans notre tradition que seuls ceux qui peuvent gérer physiquement la violence vont pouvoir échanger sans peurs (souvent inconscientes) avec les autres. De plus, si la peur de la confrontation physique est toujours là, il est difficile de rentrer vraiment dans une dispute ou de faire ce que notre « idéal » nous enclin à faire.

Comment défendre notre opinion contre une brute épaisse et ignorante ou venir au secours d’une personne en danger si on est soi même impressionné par la situation ?

La violence ne doit pas être un moyen d’expression, mais elle doit faire partie de ce que nous savons gérer, juste pour ne pas en avoir peur!

Tout ceux qui commencent l’entrainement à la confrontation physique et qui ne sont pas psychopathes vont avoir du mal à frapper l’autre et à se défendre, ils vont aussi avoir des difficultés a accepter les coups.

Rapidement, tout le monde va ressentir un grand soulagement dans la confrontation: les illusions tombent et les fantasmes s’effacent.

En effet, après les premières fois, une frappe ne fait pas si peur, parce qu’on connait le choc dans son corps et l’idée de ce corps fragile et cassant disparait aussi : nous sommes solide et nous sommes adaptables.

Il est aussi possible après quelques expériences de combat de comprendre comment annuler l’agression de l’autre, comment l’empêcher de nous frapper, on commence à se sentir en sécurité…Rapidement, on se sent plus fort, moins « victime » et il est formidable de se trouver solide et serein devant la confrontation : nous cherchons à apaiser l’esprit par la disparition de craintes inutiles.

Nous sommes trop protégé dans notre monde aseptisé : il est bon de se bousculer un peu, d’accepter la prise de risque et de se dépasser.

L’apprentissage des sport de combat est un choix sportif : cela n’a rien à voir avec le sujet de ce texte.

Tout ceux qui parcourent cette voie pourront vous le dire: savoir gérer une confrontation physique peut vous permettre de mieux interagir avec les autres, de se sentir solide et posé ainsi que ce rapport particulier au corps de celui qui poussé les limites.

Les arts de combat, la voie martiale, est un chemin rapide vers un mieux être…Il faut essayer pour comprendre et je comprends ceux qui ne nous comprennent pas.