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Les différents Jing (Explosion de Force)

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Les Jing purement offensifs

  • Repousser

Repousser est un Jing offensif qui est agressif même dans la défense. C’est l’idée de garder une zone de protection devant soi, une zone circulaire comme un ballon dans laquelle on ne laisse pénétrer aucune force. C’est la zone que l’on détermine en faisant l’arbre, un espace aérien où rien ne peut rentrer.

Repousser n’est pas vraiment une parade mais plus une façon de faire rebondir l’attaque et de frapper dans un même mouvement. C’est aussi une manière de faire tomber l’adversaire quand on a réussi à rentrer dans sa garde. Il est difficile d’expliquer repousser, alors qu’il est très facile de le démontrer. Pour ceux qui connaissent déjà ces explications sont simples.

L’idéal pour travailler l’énergie de repousser est d’utiliser un sac de plus en plus lourd. On peut pratiquer le fait de pousser, de frapper, de rebondir et de dévier. Dans l’utilisation de ce mouvement, en fait de ce concept, toute l’intention doit être dans l’agressivité.

 

  • La force de vrille

C’est une force de frappe qui vrille au moment de l’impact. C’est l’idée de visser (dans n’importe quel sens) après avoir atteint la cible. Cette action circulaire après l’impact implique une pénétration de la force en profondeur. On peut frapper avec le poing les phalanges, un doigt où la paume. C’est une manière de frapper que l’on souhaiterait employer plus souvent mais qui reste difficile à mettre en pratique.

Pour entraîner cette force, il suffit de positionner son poing sur le sac de frappe immobile et de manière soudaine de vriller le poing pour propulser le sac. Ce Jing s’utilise souvent contre les cavités car elles abritent les points vitaux du corps humain. La concentration doit être à l’intérieur du corps comme si on voulait envoyer la force d’impact sous la surface de la cible.

Casser :

La forme de casser est utilisée contre les articulations de l’adversaire. C’est très proche de l’intention qu’il faut pour couper du bois. On a besoin de se concentrer et de viser la branche que l’on va couper. C’est juste avant l’impact de la hache sur la branche que l’on vise, ensuite il faut accélérer le mouvement et le prolonger après avoir touché la branche. Pour une action efficace, il faut rester décontracté et n’utiliser de force qu’à la fin du mouvement.

Le meilleur moyen d’apprendre ce Jing est de casser des petites branches d’arbre entre ses avant-bras. Au début il est conseillé de protéger ses bras mais très rapidement on prend l’habitude de ce mouvement. Le plus important est de concentrer son intention sur ce que l’on fait.

  • Circulaire

Que ça soit un crochet de boxe, une baffe pédagogique, un coup de coude circulaire ou une manière d’attraper, la force circulaire est primordiale dans l’art de combat. Le travail le plus important sera de coordonner tous les segments du corps pour que dans la rotation rien ne soit laissé derrière. Il faut rester complètement relâché jusqu’au moment de la fin de la rotation, où l’on mettra un peu plus de force dans la dernière partie pour revenir immédiatement dans la position de départ.

Le fait de lancer tout le corps dans un sens puis de le ramener dans l’autre rappelle évidemment le mouvement du fouet. Plus on ramènera le mouvement rapidement, plus la force pénétrera profondément à l’intérieur de la cible comme le fait le fouet. C’est un Jing agressif mais très décontracté qui n’aura d’efficacité qu’avec beaucoup de pratique.

Pour s’entraîner, l’idéal est encore une fois de prendre un sac de frappe dans lequel on essaiera de frapper très rapidement, provoquant ainsi beaucoup de bruit mais sans pousser le sac.

  • Plonger

L’énergie du Jing plonger peut être horizontale ou verticale. C’est une énergie horizontale quand on plonge à l’intérieur de la garde pour éviter une attaque et ne plus être dans la zone de danger. Par exemple, si un adversaire cherche à nous frapper au niveau du visage et que l’on a le réflexe de plonger à l’intérieur de sa garde, sa frappe touchera le vide ou notre épaule. Sur une action offensive ou défensive on peut utiliser la frappe plongeante verticale pour frapper les côtes vers le bas, la hanche ou la jambe provoquant souvent la chute de l’adversaire. On peut utiliser ce Jing dans une action de projection plus que dans une action de frappe. C’est une très bonne manière de contrôler en provoquant un minimum de dégâts.

Sur le sac de frappe on s’entraîne en cherchant à atteindre les dix derniers centimètres du sac à peu près situés à la hauteur de la hanche. On part debout, droit sur ses jambes et pour la frappe on laisse tomber tout le poids du corps sur dix ou quinze centimètres vers le bas. Le fait de plonger amène une frappe lourde qui entraîne l’adversaire dans un déséquilibre.

  • Pousser

On comprend aisément ce que veut dire pousser mais il est difficile de comprendre à quel point cela peut être une action martiale qui dissuade l’adversaire de continuer un combat. On peut pousser devant, vers le bas ou vers le haut. On peut pousser avec une main ou avec les deux de manière continue ou brusque. On peut utiliser la force de pousser comme une frappe ou comme véritablement une action où l’idée est d’envoyer au loin son adversaire. Celle-ci se révèle ne pas être la réaction la plus adéquate, sachant que la plupart du temps il faudra aller de nouveau le chercher. La puissance de pousser n’est évidemment pas dans les bras mais dans la source de la force du corps ; c’est-à-dire les jambes et les pieds sur le sol.

La manière la plus efficace d’entraîner pousser se divise en deux étapes. On commence par pousser quelque chose qui ne bouge pas et après quelques temps d’entraînement on passe à un sac assez lourd sur lequel on utilise la même force. C’est un entraînement qu’il faut faire et qui est difficile de décrire. Un « poussé » bref peut s’avérer être très efficace avant d’amener n’importe quelle autre frappe : c’est une manière de choquer l’adversaire pour l’empêcher de réagir.

  • Attraper

Attraper est une force qui peut être utilisée pour contrôler, déstabiliser ou faire tomber. En général, on recommande d’entrer d’abord en contact avec la surface à attraper puis, de provoquer un mouvement de feinte dans le sens inverse de la direction vers laquelle on veut attraper. La réaction de l’adversaire sera de ce contracter ce qui rendra les projections plus faciles et sa capacité à se défendre plus difficile.

Si le Jing attraper est suffisamment fort, il peut suffire en lui-même. La plupart du temps, attraper est une manière d’amener ensuite un autre Jing comme vriller, le Jing circulaire ou pousser. L’enracinement est primordial dans ce genre de Jing car la personne attrapée tentera inévitablement de se libérer. Si on n’a pas un bon équilibre sur ses jambes, c’est un Jing dangereux qui peut amener à être déstabilisé soi-même.

La seule manière d’entraîner attraper est d’avoir un partenaire avec lequel on peut essayer ce concept.

  • Coude

En distance rapprochée le coude est un atout indispensable qui fait la différence. C’est évidemment une attaque difficile à contrer et qui occasionne des dégâts importants mais c’est aussi une manière habile de parer. Utiliser le coude pour une parade est efficace car cela freine l’agression. La sensibilisation à l’utilisation des coudes permet d’utiliser ceux-ci comme des mains lorsqu’on se trouve à une courte distance de l’adversaire. Encore une fois, l’expliquer avec des mots ne vaut pas la pratique où la compréhension est immédiate. L’utilisation du coude pour la frappe peut-être droite, circulaire, montante ou descendante.

Toutes ces attaques se travaillent sur un sac ou sur une cible mouvante. Ces mouvements sont aussi des manières de parer avec son coude. L’art de combat, quel qu’en soit le style, ramène toujours à une distance très courte afin de minimiser le danger. Sans la pratique du Jing des coudes, il sera impossible de réagir correctement sur une distance courte.

  • Frotter

On peut utiliser la main ou l’avant-bras pour frotter devant, sur le côté, vers le haut ou vers le bas. L’idée de frotter peut être utilisée contre un bras ou une jambe mais aussi être employée lors d’une tentative de saisie pour dégager la voie et pouvoir appliquer un autre Jing. C’est une manière de dévier légèrement l’adversaire sans qu’il ne s’éloigne trop pour engager ensuite la contre-attaque.

Un sac de frappe assez lourd est très utile pour entraîner ce Jing. On provoque une rotation du sac sans utilisation de la main fermée mais avec un frottement des avant-bras. En faisant rouler le sac on passe d’un avant-bras à l’autre on développe ainsi la sensibilité de ceux-ci. Frotter peut être utilisé aussi de manière brusque et violente un peu comme l’idée d’un ricochet. Une méthode avancée d’entraînement consiste à prendre un bâton et à rouler la main et tout le bras d’un côté et de l’autre. Le frottement contre ce bâton permettra de conditionner le bras de manière subtile tout en développant toujours plus sa sensibilité.

Les Jing défensifs

  • Tirer

L’action de tirer fait dévier l’adversaire et le place dans la position qui nous convient le mieux. Ce Jing peut-être long ou très bref. Avec suffisamment d’enracinement, l’action de tirer suffit à projeter au sol mais peut aussi provoquer un KO. Pour projeter l’adversaire il suffit de le tirer en déplaçant son centre de gravité vers le point vide de sa base de sustentation. Ceux qui sont déjà familiarisés avec les arts de combat comprendront ce qui est écrit.

Si on apprend à tirer de manière brève et violente sur le bras, cela provoquera une tension sur le trapèze correspondant qui lui-même compressera un nerf dans la nuque. Il est difficile de croire à cela si on n’a jamais subi un Jing tirer suffisamment violent pour faire tourner la tête. C’est un Jing en lui-même indépendant mais qui peut très bien, comme tous les autres Jing, être effectué en combinaison.

La meilleure façon d’entraîner cela est d’utiliser un mannequin de bois et de pratiquer des exercices sur celui-ci.

  • Intercepter-coller

C’est un Jing défensif où l’on va au devant de la frappe de l’adversaire bloquant ainsi son Jing d’attaque en restant collé sur ses bras. Sans utiliser les mains pour attraper les bras on utilisera les paumes, les avant-bras et les bras pour se coller le plus possible et empêcher l’adversaire de trouver suffisamment d’espace pour lancer une nouvelle attaque. De plus, cette distance très courte est une distance adéquate pour effectuer différents types de Jing puisque l’adversaire est rendu plus vulnérable parce que contracté.

C’est un Jing difficile à mettre en oeuvre mais si on le contrôle suffisamment bien il devient alors un des meilleurs à utiliser. Non seulement l’adversaire est rendu inoffensif mais en plus on n’a pas eu besoin de provoquer de dégâts physiques trop importants.

La seule façon d’entraîner intercepter-coller est de pratiquer les exercices appropriés avec un partenaire. C’est un Jing défensif avancé mais très intéressant à travailler. De plus, le travail de ce Jing est de loin l’un des plus amusants dans la voie que l’on suit.

  • Ouvrir-fermer

Ces deux Jing opposés permettent d’avoir une défense rapide contre des attaques qui surprennent. Ce sont les parades classiques que l’on retrouve un peu partout dans les arts de combat. Il faut comprendre qu’ils ne sont jamais un premier choix mais plutôt une solution de secours quand on a été surpris. Pour contrôler l’adversaire, il faut utiliser un Jing agressif le plus rapidement possible après une ouverture ou une fermeture.

Encore une fois, la meilleure façon de comprendre ce Jing est de travailler avec un adversaire qui essaiera de nous surprendre en nous attaquant rapidement.

Voici une première introduction aux différents Jing pour une utilisation simple. Il existe une infinité de variations sur les Jing sachant que chaque mouvement, chaque situation peut utiliser un Jing différent. Il faut comprendre qu’il est infiniment plus efficace de travailler les différents Jing plutôt que les formes enchaînées. C’est seulement lorsque les Jing sont parfaitement maîtrisés que l’on peut utiliser les formes comme mémentos de techniques.

La raison pour laquelle les arts internes chinois sont pratiquement inutilisables c’est justement parce que beaucoup de professeurs vendent les formes plus facilement qu’il ne vendent un travail difficile que représentent les Jing. Une fois de plus, ils se concentrent sur la forme extérieure, qui reste anecdotique au niveau de l’importance des arts internes, alors que l’essence même des arts de combat se trouve dans les méthodes…