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Les Degrés de la Simplicité

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Dans les progrès de sa pratique, il est souvent difficile de voir ce qui se passe.

Le professeur est là, mais il est utile de comprendre deux ou trois choses.

« Une pratique sans concept évolue en aveugle, mais des concepts sans pratique sont stériles »

(A. Einstein)

Il faut voir plusieurs choses :

Les phénomènes

Les niveaux de conscience

Les stades d’évolution

Les qualités développées

Dans l’entraînement, il est possible de ressentir des phénomènes, plus ou moins forts, qui n’ont aucune importance, mais qui sont réels.

Que vous sentiez ceci ou cela, dans le cadre d’une pratique, est toujours vrai, si vous le sentez plus que si vous l’imaginez évidemment… mais cela importe peu.

Dans le cadre de l’évolution sur la Voie, l’élève va passer des caps, changer de niveau de conscience, évoluer vers une plus grande sensibilité à la réalité, mais aussi sentir pendant quelque temps, une autre réalité.

Ce que vous pouvez percevoir sera analysé en fonction de votre compréhension, de votre progression au sein des grands principes d’évolutions ; il n’est en effet possible de comprendre qu’avec ses outils mentaux du moment.

Les qualités développées vont s’intégrer dans ces perceptions avec le niveau d’éveil présent.

Ce sont des niveaux différents, des capacités différentes, un travail différent pour évoluer au sein de chaque concept.

Les phénomènes :

Dans l’acquisition de plus d’énergie, on peut être sujet à des « flash » de réalité qui choquent ou réveillent. Le corps étant impliqué dans cette partie de l’entraînement il peut nous transmettre des sensations nouvelles ou anciennes au niveau de la perception.

Tout cela est réel, vous le sentez, mais il ne faut pas trop s’y attacher.

Les commenter, disséquer ou supputer à partir de ces phénomènes, est une perte de temps, mais aussi une façon qu’a le mental de s’approprier votre expérience.

Il est très utile de le partager avec votre professeur, afin de le tenir informé, sans pour autant en attendre un retour quelconque.

À tous les niveaux de pratique, il est possible de se leurrer.

Les niveaux de conscience :

Du premier jour de pratique jusqu’au dernier, on peut avoir un goût du Dao.

Il est possible, sans pratiquer, de percevoir l’infini tout comme il est possible de pratiquer sans cesse tout en restant dans le brouillard de son mental.

Dans la vie courante, nous identifions trois niveaux de conscience de base : l’état de veille, le rêve et le sommeil profond.

Dans le cadre de la pratique, nous parlerons de neuf états en tout, trois par niveaux de base.

En effet, dans l’état de veille, c’est un euphémisme que de dire que nous ne sommes pas toujours présent, nous errons souvent dans des états plus ou moins gluants d’inconscience.

Nous parlons, dans l’état de veille, de la présence, de l’inconscience normale et de l’inconscience profonde.

Dans l’état de rêve, nous avons le rêve conscient, le rêve dirigé et le rêve inconscient.

Mais ces incursions au pays de la conscience ne sont pas stables, ce ne sont que des moments qui arrivent et repartent sans savoir pourquoi.

Ces petits moments de clarté permettent de voir vers quoi l’on tend, ce que l’on cherche.

C’est utile pour la recherche mais ce n’est pas la recherche elle-même.

La pratique permet d’installer cet état de conscience pour en faire une normalité.

De plus, cette perception de la réalité ne pourra se comprendre, s’interpréter, qu’en fonction de son évolution personnelle.

Les stades d’évolution :

Ce n’est pas une façon de juger mais une façon de comprendre : c’est comme l’enfant qui évolue vers le langage, ce n’est pas que ça soit « bien », c’est juste une évolution.

Contrairement aux niveaux de conscience qui peuvent aller et venir, être instables et changeants, les stades d’évolution, eux, sont permanents : l’enfant qui a accès au langage ne peut revenir en arrière.

Il n’est possible d’aller que de l’avant et quand un stade est atteint, il devient inoubliable, acquis.

Nous allons toujours pratiquer dans une recherche de la compréhension de soi. Dans ce travail, nous irons vers la connaissance de l’autre. Par un regard sur soi et l’autre, nous allons percevoir différemment les changements du monde.

Les trois stades d’évolution vont de soi, l’un à l’autre, dans l’idée de mieux saisir les changements du monde.

Nous allons de l’un (nous) vers le deux (l’autre) puis vers le monde (tout le reste).

道生一 , 一生二 , 二生三,三生萬物

« Le Dao produit le un, le un donne le deux, le deux donne le trois et du trois les 10 000 choses. »

Laozi, chap. 42

Dans la pratique nous parlerons de neuf stades, trois par niveaux de base.

Les stades d’évolutions permettent une lecture différente d’éléments identiques.

Les « grands principes taoïstes » possèdent les deux : les niveaux de conscience et les stades d’évolution.

Les qualités développées :

Quelle que soit la discipline abordée, et parce que les gens n’ont pas la même éducation, les mêmes facilités ou la même expérience, chacun pratiquera avec ses forces et ses faiblesses.

L’idée là est simple : pour que la Voie soit juste, elle doit être équilibrée.

Nous devons aller dans les aspects de la Voie qui nous plaisent et dans ceux qui soulignent nos faiblesses.

Les trois qualités de base sont le corps, l’énergie et l’esprit. Nous devons aller vers le qigong, le Neidan (alchimie interne) et le Shen gong (méditation) pour couvrir toutes les facettes de notre être.

Pour le corps, nous travaillons la structure physique (force), le rapport à soi dans l’espace (enracinement) et l’échange entre le corps et le monde (détente).

Pour le neidan, nous pratiquons les trois stades décrits dans l’enseignement.

Le travail du shengong possède lui aussi trois niveaux.

La question n’est pas de travailler plus, mais de diviser notre temps de pratique entre les trois niveaux corps, énergie, esprit.

Voilà pour une compréhension plus fine de notre développement dans la Voie, une dissection peu utile à la pratique, mais tellement satisfaisante pour notre mental.