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Le Corps : Racine de L’Esprit

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Dans le Taoïsme et dans la Médecine Traditionnelle Chinoise on sait que le yang à besoin du yin pour s’enraciner. La nature du yang étant évaporable et montante, ce qui est yang demande une contrepartie yin pour « s’incarner ». Le yang est l’esprit et le yin est la matière.

La stabilité de l’esprit prend donc sa racine dans le corps et la souplesse du corps dépend de son côté de l’esprit : les deux aspects yin et yang de notre être sont intimement liés, ils sont indissociables.

Mais pour la pratique, il est utile de comprendre l’interactivité de l’un sur l’autre.

En effet, par une bonne connaissance du fonctionnement global corps/esprit, nous pouvons évoluer facilement sur notre voie… ou bien rester coincé des années durant sur des problèmes que nous avons nous-même mis en place.

Prenons un exemple évident (voire idiot) : puisque le corps et l’esprit sont liés, nous pouvons agir sur l’un ou sur l’autre pour régler toutes sortes de problèmes de l’ensemble. Si je me retourne un doigt, il est sûrement possible de le remettre en place grâce à la force de mon esprit, mais la souffrance étant désagréable, je peux plutôt décider d’utiliser une solution rapide et physique de manipulation. Je traite donc le physique avec le physique.

Maintenant, dans mon exemple, si je suis détendu durant le processus de remise en place du doigt, la douleur sera anecdotique. Alors que si je suis tendu à cause de la peur de la douleur, je peux rendre l’opération impossible par une tension globale de l’esprit : je limite donc, par la peur, la solution purement physique.

Dans la pratique, nous devons œuvrer sur trois grandes choses :

Détendre le corps pour lui apporter un fonctionnement optimum,

Travailler la présence à l’énergie pour développer un échange global,

Apaiser l’esprit pour établir un silence qui permet de toucher à la « vraie perception ».

Pour parvenir à ce but, nous utilisons trois méthodes :

Les exercices qui visent à détendre le corps, en liaison avec l’esprit,

Les exercices d’échanges énergétiques qui sont le lien entre le corps et l’esprit,

Les exercices de méditation qui apaisent l’esprit du corps préalablement détendu.

Nous recherchons dans les exercices du corps une détente qui repose sur une perception plus juste de notre être. Cette détente aura trois manifestations :

L’enracinement naturel, sans position ou « techniques »,

Une souplesse exprimée par une coordination facile,

Une force extériorisée par un corps uni.

Les exercices énergétiques n’ont aucune valeur sans le travail préalable du corps : c’est comme remplir un sceau percé ; ça prend longtemps d’essayer et à la fin cela n’a servit à rien puisque le sceau reste vide. Les exercices énergétiques ont plusieurs thèmes :

Une sensation « réelle » de l’énergie,

Une mise en circulation de celle-ci (si elle a été clairement reconnue),

Un échange global et naturel avec l’extérieur de notre être.

Concernant les exercices de l’esprit, qui demandent une utilisation minimale du mental, nous n’utiliserons jamais les visualisations : elles ne sont que le mental bruyant et tout puissant que nous cherchons à apaiser. « Apaiser le mental par des visualisations, c’est comme copuler pour conserver sa virginité », disait un homme sage de ma connaissance.

Nous trouverons pour l’esprit, plusieurs étapes de pratiques qui se fondent sur le travail précédent :

Un travail émotionnel qui nous libère du sentimentalisme,

Un travail de discernement du fonctionnement des pensées compulsives,

Un travail de perceptions simples, libérées du mental égotique.

L’intégralité de cette pratique demande une méthode précise et adaptée à chacun, elle demande patience et travail… et le tout sans attente, bien sûr !

Il est important de reconnaître la valeur du travail corporel et surtout l’importance de la coordination. Il n’est pas utile d’avoir une bonne coordination pour vivre, mais c’est une manifestation impitoyable de notre état de détente interne.

Je parle ici d’une coordination naturelle qui n’est pas liée à la répétition d’un geste précis : tout le monde parvient, au bout d’un moment, à imiter un mouvement après l’avoir travaillé.

Dans notre voie, nous travaillons la simplicité de la perception, pour qu’un jour nous puissions faire ce que nous comprenons et que nous puissions appréhender ce que notre corps accomplit (dans les mesures de nos capacités propres).

Un exercice acquis n’a plus d’intérêt, c’est juste le signe d’un besoin d’évolution dans notre apprentissage.

Initialement, les exercices ont une durée de vie d’une semaine, mais certains peuvent se travailler des années. Nous ne cherchons qu’à nous libérer de cette forme de travail, de ces exercices, pas à nous y enfermer : il est inutile de s’accrocher à une forme de travail si ce n’est pour l’enseigner plus tard.

Par la circulation des informations, tout le monde recherche des exercices « avancés » ou « secrets » alors que pratiquement personne ne sait discerner véritablement sa droite de sa gauche. Cela ne sert à rien, si ce n’est à renforcer une confusion sur la pratique elle-même : on s’illusionne et le mental est obligé de créer ce qu’il ne peut percevoir, l’imagination fonctionne encore plus et la pensée s’obscurcit dans un bruit interne incessant.

Le retour à la simplicité de l’observation, à la détente réelle du corps pour un esprit silencieux, voilà notre recherche.