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La Voie Du Guerrier : un Chemin Royal

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Au sein de mon enseignement, les arts de combat ont une place particulière.

À l’origine, la partie physique de la Voie ne possède qu’une petite partie dédiée au combat : en revanche, la façon de travailler est très différente de ce qui se voit dans les arts martiaux traditionnels.

Dans les arts martiaux que l’on peut croiser dans notre monde moderne, il y a :

  • le travail des positions de bases,
  • l’apprentissage des frappes de base,
  • le travail technique seul et à deux,
  • le combat souple et libre.

Nous sommes là, bien souvent, dans une recherche d’efficacité en « combat », ce qui signifie plutôt : « en combat souple rituel où on reste à bonne distance pour se toucher ».

Dans ma tradition, les exercices de combat et la recherche sont antérieurs à la mode des formes chorégraphiées de combat, des « kata » et autres.

Nous utilisons pourtant, pour la formation des débutants, ces techniques.

C’est aussi une façon agréable de se détendre par des gestes d’inspiration martiale.

Maintenant il y a le vrai combat, le moment où il faut se défendre et ne pas prendre de risques, respectant le précieux de sa vie et les responsabilités que l’on peut avoir envers sa famille : perdre n’est pas une option.

Dans ces cas-là, extrêmes, mais tellement réalistes dans notre monde en mutation, il faut rester beaucoup plus pratique grâce :

  • au travail de la peur et de l’intention,
  • au travail des impacts et de la force brute,
  • et à tout le reste (techniques, vitesse, déplacements).

Avant tout, dans notre école, nous allons travailler sur la façon de tenir son esprit, son agressivité et de gérer ses peurs face à la douleur.

La première chose dans le combat c’est : « y aller ou pas ».

Tant que mon esprit et mes émotions me paralysent ou me forcent à une analyse profonde au lieu d’agir… rien n’est possible !

Bien entendu, il n’est pas question de se transformer en brute idiote qui frappe sans raison ; au contraire, il est important de mettre en place des valeurs et des limites après lesquelles il est temps d’agir.

Les entrainements de ceux qui ont choisi les « arts de combat » vont beaucoup aller chercher nos peurs, nos fantasmes.

C’est très dur et je suis toujours épaté par la force de caractère des gens que je croise : je me rappelle à quel point ce fut difficile pour moi aussi.

Quand on travaille l’aspect mental, psychologique, il est bon de commencer à travailler la force.

C’est une force d’impact qui nous intéresse, une force pour faire passer trois genres de qualités :

  • la lourdeur (qui fait peur à celui qui la reçoit),
  • la pénétration (une qualité d’étrangeté),
  • la séparation (pour casser, détruire).

La grande difficulté de ce travail, c’est qu’il n’est possible qu’avec un partenaire, pas avec un sac ou un poteau.

Il faut donc passer du temps non seulement à s’entrainer, mais aussi à subir les moments d’entrainements de ses « frères d’école ».

Le professeur ne montrait autrefois les frappes (en les démontrant) qu’aux élèves à qui il acceptait de transmettre.

C’est autre chose que de répéter des mouvements dans le vent.

De plus, dans l’ensemble et pour la plupart d’entre nous, ça ne sert pas à grand chose dans notre monde moderne et paisible.

Le reste du travail, c’est le travail des arts martiaux habituel : formes, exercices, techniques et « lutte ».

En quelque temps, le corps change visiblement et les qualités de combat vont rendre la technique obsolète.

Mais en quoi cet enseignement a sa place aujourd’hui ?

Le dépassement de soi, de ses peurs et la capacité à être conscient de ses actions est la recherche principale de toutes les traditions d’évolution personnelle : les arts de combat c’est exactement ça !

C’est une confrontation à ses peurs les plus fondamentales et un développement de l’attention, avec en plus, une sensation de sécurité dans un corps plus fort.

Le niveau de stress pour un pratiquant de la voie guerrière n’est pas le même que chez les autres gens : il est donc capable de gérer le stress et le conflit avec beaucoup de tact.

Tous ceux qui ont tenté de suivre cette voie difficile en sont satisfaits… C’est toujours un plus de se dépasser et de laisser derrière soi les fantasmes de ses force et de ses faiblesses.

Se connaître, mais par le corps et ses capacités cachées : ne plus avoir peur, savoir se défendre physiquement et psychologiquement.

Ayant été un enfant fragile, maigrelet et faible, je vois aujourd’hui que les exercices énergétiques m’ont donné la santé, mais les arts de combat m’ont donné la force et l’assurance qui me permettent d’enseigner ma tradition aujourd’hui.

Ceux qui ont peur devraient tous passer par les arts de combat, mais ce n’est possible que si on en a envie : il ne faut pas se forcer, il faut accepter qu’il n’est pas toujours temps de faire cette recherche.

Dans le monde d’aujourd’hui, avec ses forces et ses limites, la culture d’une force intérieure est vraiment nécessaire… mais pourquoi ne pas y rajouter la force extérieure ?

Plus fort, sans anxiété dans les rapports avec les autres, il est plus facile de communiquer et d’échanger.

Sachez que tout le monde à sa place dans cette voie guerrière et que personne n’est trop faible, trop léger ou trop vieux.

La seule chose à prendre en compte est la volonté, le plaisir de se confronter aux autres pour se connaître soi-même : sans cette envie, il ne faut pas le faire.

Il ne faut pas non plus confondre le goût des arts de combat ou son absence de goût pour cela avec la peur que l’on peut ressentir : si c’est de la peur qui limite ma recherche, alors il faut foncer.

« Aller vers ce qui fait peur, le reste est ennuyeux » disait Trungpa.