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La vitesse pour les arts de combat

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La vitesse permet de réaliser un geste dans des conditions données avec une intensité forte, voire maximale, dans un temps le plus bref possible. La vitesse dépend des capacités physiques (force, mobilité…) et des capacités de coordination (spécifique et générale).

On distingue plusieurs types de vitesse :

  • Vitesse de réaction : capacité de réagir sur un stimulus dans un délai le plus bref possible,
  • Vitesse d’action : capacité, sur un geste simple, d’avoir une rapidité maximale (résistance faible),
  • Vitesse de répétition : capacité de reproduire avec une rapidité maximale un geste simple.

    Ces qualités de vitesse dépendent uniquement du système nerveux central et de facteurs génétiques.

    Nous avons ensuite les vitesses qui dépendent de l’entraînement des qualités :

    • Force-vitesse : capacité de manifester une force optimale avec une rapidité maximale
    • Vitesse-endurance : capacité de résistance à la perte de vitesse due à la fatigue.

    En général, la vitesse dépend de facteurs précis qui sont améliorables par l’entraînement :

    • Vitesse de perception : assimiler, analyser et exploiter rapidement les informations,
    • Vitesse d’anticipation : en se fondant sur l’expérience et la connaissance effective, prévoir,
    • Vitesse de décision : opter, sans délai, pour l’action la plus efficace parmi les choix possibles,
    • Vitesse de réaction : réagir rapidement, avec ses qualités propres,
    • Vitesse des objets externes : adapter son action aux changements extérieurs,
    • Vitesse avec les objets externes : prolongation du corps par l’objet,
    • Vitesse d’action : agir vite, en intégrant techniques et qualités.

    Il est très difficile d’entraîner la vitesse en tant que telle, c’est pourquoi on entraîne surtout les qualités périphériques.

    Voyons les différents groupes de facteurs qui influent sur la vitesse :

    • Facteurs constitutionnels : ce sont des facteurs que nous ne pouvons altérer,
    • Âge : la perte de la vitesse est liée à la perte de la force. Les facteurs nerveux et d’accélération peuvent perdurer, même s’il est impossible d’aller contre la perte de force.
    • Sexe : la femme compte 10 à 15% de force en moins que l’homme, elle est donc plutôt moins rapide. En revanche, elle peut travailler plus facilement sur l’accélération.
    • Constitution : une bonne constitution apporte une force et une capacité physique faciles et permet d’écourter la durée de l’entraînement. Une constitution faible demande de renforcer d’abord le corps avant de passer à l’entraînement de la vitesse.
    • Talent : la vitesse est aussi une qualité innée du muscle liée à sa base héréditaire. Ceux qui possèdent cette qualité auront des facilités pour l’entraînement de la vitesse, les autres non.
    • Facteurs psycho sensoriels : cela regroupe les capacités d’attention, d’intention et la facilité de connectivités neuro musculaires.
    • Focalisation, concentration : pour pouvoir entraîner la vitesse, il est nécessaire de pouvoir se focaliser sur l’effort. L’écoute du mouvement, dans son début, son développement et sa mise en action, demande une bonne capacité d’attention. Cette capacité doit se travaille en amont.
    • Réception et traitement de l’information : la compréhension de son action, la capacité de stockage de cette information et son analyse permettent de pouvoir agir sur son geste. Une plus grande finesse de traitement de l’information permet une plus grande évolution dans son entraînement.
    • Motivation et force de volonté : le travail ici demande de nombreuses répétitions et une capacité de motivation importante. Cette évolution est lente et par conséquent il devient facile de se décourager. Il est opportun de rester motivé malgré tout.
    • Savoir, expérience : plus l’entraînement vient d’une connaissance pratique et d’un enseignement vivant, plus il est facile d’orienter celui qui s’entraîne. Il est important d’avoir une relation avec un professeur qui est lui-même passé par ce travail.
    • Capacité d’apprentissage : nous avons tous une capacité d’apprentissage différente et qui peut se développer. Pour l’entraînement de la vitesse, il est nécessaire d’avoir éduqué celle-ci au préalable.
    • Facteurs neurologiques : les connexions nerveuses et leurs fluidités sont déterminantes dans l’acquisition d’une vitesse plus importante.
    • Coordination intramusculaire : c’est la capacité, au sein du muscle, de traiter une demande et de produire une réponse. La détente et certains éducatifs spécifiques peuvent la faire évoluer.
    • Réactivité du système nerveux central : la liaison du muscle sollicité avec les nerfs centraux détermine la vitesse de réaction qui est à la racine de la vitesse d’action.
    • Vitesse de transmission des informations nerveuses : dans le système nerveux, certaines qualités permettent de faciliter la circulation et le traitement de l’information.
    • Innervation réflexe et neuromusculaire : nous pouvons sensibiliser cette innervation pour éduquer une réponse plus consciente et une réaction plus rapide.
    • Biochimie nerveuse : un bon repos, une bonne alimentation et un bon niveau de détente permettent d’obtenir une biochimie saine. La gestion du stress et des émotions joue un rôle majeur ici.
    • Facteurs tendino musculaires : la mise en action dépend de l’outil, du segment à mettre en mouvement. Le segment et ses connexions physiques vont déterminer la rapidité de réponse.
    • Répartition des fibres musculaires : certains exercices spécifiques vont équilibrer cette répartition pour que la vitesse soit optimum.
    • Augmentation des sections de fibres à contraction rapide : plus l’entraînement commence jeune, plus il permet un développement accru de ces fibres. Plus on est âgé, plus cet entraînement devient difficile.
    • Vitesse de contraction musculaire : par des répétitions simples de gestes précis, la contraction musculaire se produit de plus en plus vite.
    • Élasticité des muscles et tendons : les étirements et la détente sont un passage obligatoire dans la recherche d’une plus grande vitesse.
    • Extensibilité des muscles et tendons : il est nécessaire de chercher à étendre ses membres le plus loin possible pour ne pas être restreint ou freiné dans le mouvement.
    • Longueur des muscles : un mauvais entraînement de la force ou un manque d’exercice peuvent construire un muscle « en boule ». Le muscle doit être détendu et allongé pour répondre rapidement à la stimulation nerveuse.
    • Production d’énergie : pour obtenir de la vitesse, il faut de l’énergie. Acquises et innées, les énergies du corps doivent être éveillées pour être ensuite disponibles lors d’une action rapide.
    • Température des muscles : une bonne circulation sanguine permet d’avoir des muscles toujours alimentés et chauds pour une action immédiate.

    La vraie vitesse explosive ne dure pas plus de 3 secondes.

    La vitesse maximale peut aller jusqu’à 6 à 10 secondes.

    Nous pourrons intervenir sur plusieurs points :

    • Mobilité des articulations : les articulations jouent un rôle important dans la liberté de mouvement. Elles sont le trait d’union, les liaisons entre les groupes musculaires. Une articulation bloquée ou raide ralentit le mouvement. Les exercices de Qi gong permettent « d’ouvrir les articulations » ce qui est bon pour la santé et la souplesse du geste.
    • Vitesse de contraction des muscles et tendons utilisés : tous les exercices doux puis explosifs vont renforcer les tendons et entraîner un mouvement rapide. Il existe aussi des exercices pour travailler l’explosivité musculaire qui va aider à la vitesse de contraction.
    • Extensibilité des muscles et tendons : une des limites du muscle est son extensibilité : celle-ci est ralentie par son muscle antagoniste, un muscle qui protège l’articulation contre un mouvement trop ample. Les exercices lents donnent des limites claires aux muscles antagonistes et étendent leur possibilité d’extension.
    • Force vraie (sans parasites antagonistes) : dans l’utilisation d’un muscle libre de sont antagoniste, protégé par ses tendons renforcés, la force vraie est exprimée. La force est la source de la vitesse.
    • Détente mentale : un esprit clair permet un mouvement sans tensions, sans ralentissement.
    • Coordination : un geste complexe demande aux muscles d’une chaîne d’agir ensemble, sans mouvement parasite ni hésitation. La coordination est l’expression de la détente mentale et musculaire.

    Il faut savoir que, quoi que l’on fasse, pour atteindre une vitesse optimale dans sa vie, il faut :

    • Débuter avant 10 ans

    Et oui…

    Mais en faisant abstraction de ce critère, il est possible de s’améliorer tout de même.

    • Il faut développer le geste simple avant le geste complexe, sinon le geste complexe devient une spécialisation sans que la vitesse globale ne profite de cette évolution.
    • Il faut entraîner la vitesse en début de séance car un muscle fatigué se blesse, il n’est alors plus apte à travailler la vitesse.
    • S’entraîner fatigué ne sert à rien car l’esprit doit rester vif, l’enthousiasme présent, sans quoi rien ne peut se faire.
    • C’est sur le départ du geste, l’accélération initiale qu’on va pouvoir le plus agir et faire évoluer, le développement du geste ne représentant que moins de 15% d’évolution.

    Briser l’inertie, exploser au début du geste, voilà le travail qui augmente la vitesse alors que le déploiement du mouvement lui, ne va pas beaucoup changer.

    Pour que ça marche, il faut :

    • N’entraîner cela que sur ce qui est parfaitement connu car il est impossible d’entraîner la vitesse sur un mouvement d’apprentissage. Le geste lent, tenu et senti est à la source du travail de la vitesse.
    • Il faut entraîner la force, l’endurance et la coordination car ce sont les racines de la vitesse, sans eux, cette dernière n’existe pas.
    • Il ne faut jamais arrêter de s’entraîner, quel que soit son âge.

    Le travail de la vitesse permet d’accroître la circulation, d’optimiser la mobilité et de rester constamment dans un état d’esprit enthousiaste, il est par conséquent indiqué de conserver cela longtemps.

    Vous avez à présent une meilleure idée de ce que représente ce travail important, mais pourtant secondaire. Encore une fois, cela n’est possible qu’après une phase d’apprentissage profonde et une pratique assidue de mouvements lents qui renforcent.

    Pour résumer, la vitesse c’est :  » Rien ne sert de courir, il faut partir à temps « …