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La simplicité de la pratique

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Occupé à s’entraîner : pratique ou distraction ?

Trop souvent, sous couvert d’un entraînement quotidien on peut de se distraire plus que pratiquer. En effet, les exercices qui nous conviennent sont souvent ceux qui nous amusent tandis que ceux qui nous gênent sont oubliés. Nous nous complaisons ainsi dans une complexité et une confusion qui nous occupent l’esprit.

Mais que faisons nous là, en fait, dans l’entraînement ?

Évitant les questions ou les remises en causes, nous fuyons la réalité…

Quel est le but de la pratique ?

Que faisons nous dans celle-ci ?

Il va sans dire qu’une bonne discussion avec son professeur peut aider…

Il est inutile de connaître le but des exercices que nous pratiquons, ça ne nous fait pas progresser plus vite, cependant la pratique se simplifie si on y introduit la spontanéité, le naturel.

Apprentissage et pratique

Nous ne pouvons pas pratiquer sans apprendre. Il est même impossible de pratiquer convenablement sans apprendre d’un professeur. Mais il faut comprendre que ni l’apprentissage ni la pratique ne sont le but de l’enseignement.

Nous tendons par l’apprentissage, et ensuite par la pratique, à retrouver la liberté, la spontanéité, le naturel.

Le fait « d’apprendre » le spontané et le « naturel » est un paradoxe très Taoïste…

Apprendre toujours de nouvelles choses n’a pas de sens si on n’est pas dans une pratique, c’est une distraction.

Pratiquer sans aller au fond de son apprentissage limite la profondeur de l’enseignement.

Mais apprendre et pratiquer sans aller à la rencontre d’une certaine forme de liberté est une perte de temps.

Cette libération, ce « sans forme », trouve sa racine dans la précision d’une pratique claire.

Le spontané, le naturel, qui reposent sur notre perception confuse des choses et du monde, ne sont qu’illusion. Les perceptions n’arrivent à la conscience qu’après avoir passé tous les filtres égotiques de notre mental inexploré… la perception de la réalité en est à son stade le plus désolant.

Ces trois parties de l’entraînement (apprentissage, pratique et libération) sont les « trois trésors », et sont en relation avec les trois trésors internes : Jing (essence), Qi (énergie) et Shen (esprit).

Simplicité de la pratique : San Bao

Vous avez une collection de mille et un exercices, j’en ai moi-même dix fois plus, mais tous ce fatras suit une logique simple :

« L’étude des Trois Unités permet l’union et la conscience entières dans le but de la perception des Changements dans le Réel »

En gros, la compréhension des trois parties va nous permettre d’unir notre corps et notre esprit.

Quelles sont les trois parties à travailler (pour ceux qui ne suivent pas du tout…) ?

Le corps,

L’énergie,

L’esprit.

Le corps : détendu, fort et enraciné

Le travail du corps est avant tout un travail sur la santé. Nous ne pouvons travailler qu’en bonne santé d’autant que la pratique demande du temps. La bonne santé s’exprime par trois facettes :

La détente : pour une circulation fluide des liquides organiques. Elle se teste et s’éduque avant tout par la coordination.

La force : pour un corps résistant aux agressions externes et internes. Elle se travaille par les « wai gong », exercices externes.

L’enracinement : pour une capacité à comprendre le Réel. Il se travaille de bien des façons…

La circulation énergétique : échanges fluides

Une circulation fluide est source de bonne santé, physique et mentale, et demande d’aller un peu plus loin que la détente du corps. Nous avons trois étapes importantes dans les « nei gong » :

Prise de conscience des sensations internes,

Mobilisation par la volonté,

Échanges naturels et conscients.

La connaissance de l’esprit : présent mais pas concerné

Ne pas se connaître est la source d’un mal être constant, pourtant il est rare d’être réellement celui que l’on croit être. Les exercices de la connaissance de l’esprit sont là pour identifier et rencontrer celui que l’on est. Nous avons, bien sûr, trois étapes :

Observation de soi,

Observation du monde,

Perception globale.

Il est inutile de tout vouloir comprendre maintenant, mais il est avantageux d’examiner sa pratique pour voir si elle contient ces trois parties.

Encore une fois, l’échange honnête avec son professeur est à l’origine d’une pratique claire.

L’état naturel : apprentissage, pratique et liberté

Dans une pratique complète et éclairée, petit à petit, les exercices précis seront compris et, dans cette maîtrise, la libération pourra surgir.

La liberté demande une certaine structure, une spontanéité sustentée de détente éduquée, une intuition alimentée de connaissances… le tout débouchant sur le Naturel.

La pratique n’est pas enfermée dans un mouvement ou une respiration. Sans l’apprentissage de ce mouvement ou de cette respiration, il ne peut y avoir de pratique… il y a un paradoxe.

Les exercices des arts de combat ne sont pas le combat.

Les exercices de coordination ne sont pas la détente.

Les exercices d’alchimie interne ne sont pas l’alchimie.

Les exercices de Qigong ne sont pas l’échange.

Les exercices de méditation n’ont rien à voir avec l’état méditatif.

Il ne faut pas confondre.

Pour conclure, comprenez donc ceci :

« Toute la mise en pratique de l’enseignement doit aller dans le sens de détendre le corps, de faire circuler l’énergie ou d’apaiser l’esprit, parfois les trois ensemble. Vous ne pouvez pratiquer qu’avec une conscience de cela. Sans cette prise de conscience, il n’y a pas de pratique. Dans cette conscience, vous êtes dans la simplicité de la Voie »