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Énergie Unique, myriade de perceptions

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 Dans notre tradition, nous acceptons cette idée d’unicité et de globalité, ce tout d’où nous venons et vers où nous allons. Pourtant, nous parlons rapidement de bonne et de mauvaise énergie, de beaucoup ou peu d’énergie, de positionnements justes et d’autres pas ; paradoxal, non ? Si cette énergie unique est présente partout, si elle est globale, tout cela n’a pas de sens.

Il n’y pas de bonne ou de mauvaise énergie, il n’y a que des perceptions teintées de pensées et imprégnées de résonances avec le monde. Quand nous « sentons » quelque chose, deux choses peuvent se produire :
– nous ne « sentons » rien du tout, mais notre mental fabrique des pensées qui peuvent être interprétées comme des sensations,
– nous avons une vraie sensation et là encore deux possibilités s’offrent à nous.

Soit nous sentons vraiment et il n’y a rien que de la sensation, pas de pensées. Dans cette présence, il n’y a pas de verbalisation, pas de jugement et pas de commentaire… rare, hein ? Soit nous sentons et notre mental « colore » plus ou moins notre perception. Dans cette coloration, deux sources possibles : le monde ou nous, interne ou externe.

Pour la partie interne, qui dépend directement de nous : on suit notre état physique et psychique du moment, l’humeur et la détente, nous jugeons « un peu », ou beaucoup plus, ce que nous venons de percevoir. Pour la partie externe, qui est tout « ce qui n’est pas nous » : elle va dépendre du climat, des gens autour de nous (de leur état interne), de si nous sommes seul ou à plusieurs…

L’énergie reste l’énergie, elle ne change ni perd de sa qualité. En revanche, certaines perceptions vont avoir une résonance entre nous et ce que nous percevons. Cette résonance peut être similaire ou différente de notre propre fonctionnement. Cette différence peut nous plaire ou nous déplaire. Encore une fois, dans ce que nous croyons percevoir de l’énergie, il n’y a ni bien, ni mal. Il n’existe qu’une interprétation plus ou moins positive de notre mental envers ce qui est perçu.

Dans la conscience de ce phénomène, il est donc possible de ne pas juger, de juger ou d’être intolérant. Ce qui trompe, c’est de penser que c’est ainsi et que nous percevons cette vérité ; aucune qualité n’existe, nous lui donnons ce « goût ».

Il y a dans chaque chose, dans chaque lieu et dans chaque personne une quantité infinie d’énergie. Cette énergie peut être sous forme de potentiel, de présence ou brute. Selon la résonance que nous avons avec certaines choses, lieux ou personnes, nous pouvons y puiser cette énergie ou non.

Avec l’expérience du travail énergétique, quand celui-ci n’est pas basé sur des illusions ou des sentiments, nous apprenons à échanger avec le monde, sans limites.

Dans cette frénésie de jugement qui définit l’être humain, nous aimons décider de la quantité de l’énergie présente. Par une méconnaissance profonde des échanges énergétiques, nous avons tendance à nous limiter à nos projections et nos espoirs. Ce que nous jugeons grand ou beau est source de quantité d’énergie, ce que nous jugeons petit ou laid ne possède pas, pour notre jugement, une grande quantité d’énergie.  Il y a pourtant, dans tout atome, une quantité illimitée d’énergie en liaison directe avec notre propre vibration.

Dans l’observation de notre propre fonctionnement, dans l’étude des mécanismes de notre être, nous allons finir par constater qu’il existe quelque chose qui n’est pas nous : le monde autour de nous. N’étant pas directement sous l’emprise de notre mental, car séparé physiquement de notre personne, il échappe au contrôle de notre ego. Pour ne pas perdre ses limites et son contrôle, l’ego va chercher à juger, quantifier et qualifier pour contrôler et dominer. Par notre jugement, nous mettons mains basses sur le monde.

Si nous ne jugeons pas le monde, notre esprit va prendre conscience que quelque chose, cet univers devant nos sens, peut exister et fonctionner sans être sous le contrôle de l’ego, sous le joug des pensées compulsives. Si nous acceptons cela, dans la théorie globale et énergétique du Tao, cela suppose que nous pouvons donc aussi exister sans ce despote. Voilà qui est inacceptable et qui va résulter en un contrôle maximum de tout ce que nous percevons pour survivre.

Dans la détente de la pratique nous ne pouvons juger, dans la perception pure du monde il n’est pas possible de penser.

Nous avons là plusieurs pistes très importantes pour notre évolution spirituelle. Comme notre pratique peut s’aborder sous tous les angles, par tous les chemins, nous pouvons nous détendre pour arrêter ce jugement de l’énergie, mais aussi rester dans la sensation de l’énergie pour se limiter dans les jugements.

Par cette connaissance intime avec les échanges énergétiques, nous allons constater l’unicité de celle-ci. Dans ce goût unique, le jugement va doucement faire silence. Par la répétition de techniques de pacification du mental, le jugement va s’éteindre pour laisser place à la sensation globale de l’énergie.

Il est difficile de croire en ces théories sans expérience de l’énergie par une pratique précise et quotidienne. Ces perceptions vraies demandent du temps pour être touchées, et avant tout, une certaine détente du corps et de l’esprit. Dans notre quotidien, peu de gens désirent donner une priorité à la pratique. Comme pour faire bouillir de l’eau, plus le feu est fort, plus l’eau bout rapidement. Il faut donc un feu continuel, même faible, et l’eau arrivera à ébullition.

Tout le monde peut y arriver, mais il faut laisser le temps au temps…