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Coups de pieds

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Dans notre tradition, les anciens maîtres étaient connus pour leurs techniques de jambes féroces. Pourtant, dans la partie visible de notre entraînement, nous ne parlons que rarement des techniques de frappes avec les jambes. Les exercices internes de la partie inférieure du corps sont tus pendant quelques temps.

Il y a plusieurs raisons à cela :

  • Les techniques de jambes sont très différentes des fantasmes de coups de pieds de l’imagerie populaire,
  • Le travail des jambes est douloureux et lent,
  • Sans un alignement et une structure, se mettre sur une jambe est dangereux,
  • Si trouver sa gauche de sa droite avec les bras est compliqué, il ne faut pas penser aux jambes,
  • Cette partie de l’entraînement est  » secrète « .

Nous avons plusieurs techniques de jambes qui expriment chacune une façon de  » sortir la force  » avec les membres inférieurs. Si le volume musculaire des jambes permet d’assurer une certaine force, la maîtrise des coups de pieds développe une force phénoménale pour un effort moindre.

Les jambes permettent aussi une confrontation physique en respectant une distance de sécurité avec son adversaire.

Les principaux concepts de frappes avec les jambes sont au nombre de huit (quelle surprise !) :

  • Arrêter,
  • Choquer,
  • Briser,
  • Sauter,
  • Faucher,
  • Intercepter,
  • Déséquilibrer,
  • Percer.

Chacun de ces concepts généraux illustre une stratégie et une façon d’exprimer la force totale du corps avec ses jambes. Pour chaque concept, il existe plusieurs méthodes de pratiques. Ainsi, pour le concept de  » sauter « , la force peut s’exprimer en montant, au cours du saut ou en descendant. L’utilisation est très différente dans chacun des cas.

De plus, les forces s’expriment avec le pied, le tibia ou le genou suivant la distance et le but à atteindre. Plus on s’approche du corps et plus la force devient terrible.

Pour développer cette force unie avec les jambes, nous passons par une série de  » nei gung  » (exercices internes), plus difficiles les uns que les autres. Nous pouvons les regrouper sous cinq grandes familles :

  • Souplesse  » musclée  » des jambes (une souplesse différente de celle des danseurs),
  • Renforcement de l’alignement de la jambe (des orteils à la hanche),
  • Identifications des groupes musculaires utilisés,
  • Dissociation entre le haut et le bas du corps (pour une invisibilité des techniques de jambes),
  • Acquisition de la force d’impact unie du corps pour le coup de pied.

La souplesse utilisée dans les frappes de notre école demande une musculature qui ne laisse pas la jambe trop souple. Il est alors facile de croire à une certaine raideur dans le coup de pied, mais c’est une illusion. La jambe monte facilement au niveau de la tête sans jamais rechercher une souplesse qui va dans la laxité. Une jambe trop souple peut être rapide, mais elle ne peut transmettre la force comme nous le recherchons dans les arts internes.

Comme une lance, la jambe doit être une arme qui à une unité : du bout qui touche l’adversaire à la racine qui se doit d’être solide. L’union de la jambe se fait par des exercices similaires aux exercices des membres supérieurs. Ils sont plus compliqués et plus douloureux du fait de la méconnaissance de nos membres inférieurs. Les masses en mouvements étant plus lourdes et moins bien contrôlées, il est nécessaire de pratiquer sous la supervision d’un professeur qualifié. Une mauvaise pratique de frappe avec les bras donnent des douleurs ou des tendinites qui s’effacent facilement ; les mauvais exercices pour les jambes peuvent endommager les genoux et avoir un impact sur la manière de se déplacer qui s’en trouvera perturbée.

Les muscles utilisés doivent être isolés pour obtenir une action qui soit la plus focalisée possible. Les jambes sont lourdes à bouger et pour l’utilisation contre un adversaire qui ne sommeille pas, il faut trouver le moyen de bouger vite sans appel voyant. Si trop de masse musculaire inutile bouge, le coup se voit de loin et l’impact est diffus au lieu d’être focalisé. Dans le coup de pied, des muscles brisent l’inertie de la jambe, d’autres s’occupent du déplacement de celle-ci dans l’espace et enfin il y en a d’autres qui multiplient la force au moment de l’impact. Il faut savoir travailler les bons groupes musculaires dans la recherche qui leur correspond, sinon il ne vaut mieux rien faire. Muscler les quadriceps (dessus de la cuisse) pour développer la force de pénétration de l’impact est idiot, par exemple.

Dans l’optique de cacher la frappe des membres inférieurs, il est nécessaire de ne pas bouger inutilement le haut du corps. Par des exercices précis, nous pouvons isoler le bas du corps dans ces déplacements pour ne pas affoler l’adversaire dans l’initialisation de la frappe du pied.

Le déplacement, la vitesse d’initialisation de la frappe et l’union du corps vont être la source du succès de la force d’impact. Une bonne technique de jambe doit être terriblement efficace même lorsqu’elle est démontrée à vitesse réduite. L’impact ne doit pas dépendre simplement d’une masse de viande (la jambe) projetée à grande vitesse même si cette variable est la plus simple et la plus grossière. Nous devons nous occuper de tous les autres facteurs pour en revenir ensuite à la simple vitesse d’exécution. Notre vitesse d’exécution ne peut pas varier beaucoup, c’est le moins intéressant à travailler parce que peu évolutif. L’angle de pénétration de la frappe, l’initialisation du geste (départ du sol) et l’union avec le reste du corps restent les variables qui peuvent le plus évoluer.

Nous avons survolé les concepts qui sont les bases de techniques de jambe réussies, mais pour comprendre cela il suffit de pratiquer.