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Construire l’Interne poursuivi par les Ombres

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Suivant la théorie taoïste, nous recherchons trois réalisations profondes qui vont nous transformer pour nous ramener à notre « Unité » naturelle : nous parlerons ici de l’une de ces trois réalisations.

A la création de l’individu, suivant la théorie taoïste, la « porte de la vie » (ming men) est le premier point dans l’espace que va occuper l’être humain.

A la rencontre des jing (essences) des parents, et par la présence d’une étincelle de l’esprit universel (yuan shen), il y a création d’un nouvel être vivant.

De cette « porte de la vie », les axes d’existence se créent : l’axe haut – bas d’abord (chong), puis l’axe devant – derrière (ren et du) et la division horizontale de la ceinture pour finir (dai).

La projection de cette « porte de la vie » sur l’avant du corps est notre centre du bas, « champ d’élixir » (dan tien), quelques centimètres sous le nombril.

Ce centre est un don de notre humanité, un rapport à la terre, à notre manifestation et il constitue la capacité de vitaliser notre corps par la force du Yang qui énergétise notre système corps/esprit.

Qu’on le veuille ou non, qu’on en soit conscient ou pas, ce centre est là, parfaitement développé et disponible.

Si on pose son attention dessus, sans efforts surhumain, la sensation du centre est disponible pour tous, à chaque instant.

La seule attention à ce centre de cinabre permet d’activer une multiplication de la vitalité du corps, de l’énergie de l’être, une réalisation de notre vrai fonctionnement, souvent bloquée par nos fonctionnements malades.

Ce centre est parfait dés le début de notre vie et restera parfaitement ouvert jusqu’a notre mort : en revanche par une attention consciente à celui-ci, il est possible de réaliser cette perfection.

La prise de conscience de la perfection du centre du bas, par une expérience directe d’alchimie interne, donne ce qui se nomme « la réalisation de l’eau et du feu » (kan – li) : il y a 9 étapes de travail, la première étant la respiration consciente avec sensation du Centre (respiration embryonnaire).

C’est un travail précis qui se concocte comme un plat de grande cuisine, ou la technique doit s’apprendre avec détails et dans un ordre précis.

Avec un climat familial serein et plein d’amour, le second centre, celui du coeur, peut se former.

Ce centre du milieu, par rapport à celui du bas, n’est pas formé sans actions internes et externes.

Il va dépendre de l’amour qui nous sera donné et de la capacité de perception de cet amour : il est possible de ne pas sentir les émotions positives de son entourage si certaines émotions nous accablent (peur, colère…).

Notre rapport aux émotions et notre équilibre dans la relation aux autres vont dépendre de ce centre du milieu.

Si le centre du bas détermine notre fonctionnement de base, la fluidité de notre fonctionnement physiologique, le centre du milieu va être responsable de notre vie émotionnelle.

Dans le cas ou nous avons un centre émotionnel handicapé par un passé familial peu ouvert ou une mauvaise perception des émotions à cause de fortes émotions enfantines, il doit être construit avec une introspection de notre fonctionnement interne.

C’est la base de notre caractère et de notre capacité de rapport à l’autre.

Le troisième centre est de l’ordre de l’inconnu pour nous, l’esprit étant dans notre coeur, c’est le rapport à notre réalisation, à l’infini et au mystérieux.

Ce centre n’existe pas vraiment s’il n’est pas construit, il a le nom de « palais pourpre ».

Notre but est de construire ce centre qui nous donne un gout de l’infini, mais aussi une connexion avec le mystérieux, avant de retourner à la terre.

Dans les « Annales Magiques des Pourfendeurs de Démons », une ancienne histoire qui parle de Zhong Kui, on décrit la pratique comme une course : le but lumineux devant et la mort qui n’est jamais si loin que ça derrière.

Il dépend de la prise de conscience du centre du bas, par la réalisation de l’eau et du feu, mais aussi l’équilibre des parties de l’esprit par l’ouverture du centre du milieu.

Ce centre permet une vision claire du monde réel et un aperçu du monde invisible.

Ce procédé s’appelle « l’alchimie Interne », construction du « Ling Tai », embryon spirituel, qui va se développer parallèlement à notre vie mondaine, en fonction de notre pratique.

Cette réalisation profonde de notre nature totale est un but important de la Voie ésotérique, mais s’appuie directement sur le travail de base du corps et la capacité de vivre correctement sa vie, dans l’alignement nécessaire.