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Baguazhang de Zhang Zhao Dong

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Le Bagua de la branche Zhang est l’évolution d’un maître de Xinyiquan vers le Baguazhang.

Déjà expert en Hebei Xinyi, on dit que Zhang Zhao Dong combina les fa jin du Xinyi et du Bagua. En fait, il utilisa plus les fa jin du Xinyi qu’il adapta aux mouvements du Bagua.

Le plus intéressant dans l’histoire de ce maître est la succession de son style et son enseignement.

Pour un maître qui chercha à raffiner son style dans la simplicité, la succession sera dans de multiples gestes, parfois sans grand entendement… mais comme cette branche populaire bénéficia de la première publication d’un livre bien diffusé, cela en fit la forme la plus connue (c’est la « star académie » de l’époque) aux dépens de la transmission plus proche de Zhang.

Heureusement, comme toujours, une base solide de son enseignement reste vivante grâce à des élèves discrets et doués. De façon amusante, une branche très fidèle au style initial se développera au Japon, dans la communauté chinoise.

La branche la plus répandue est une forme fleurie aux gestes surabondants qui se fait appeler en toute modestie « forme originelle », mais qui diffère en mouvements et en concepts de la forme d’origine (la vraie).

L’idée n’est pas de dire « ça c’est bien, ça ne l’est pas », le but est de voir comment en une génération, dans la plus pure tradition de transmission chinoise, un style va passer d’un extrême à l’autre.

Ce qui fut la force de maître Zhang, c’est cette capacité de mêler habilement dans un aspect pratique, les fa jin du Xinyi et les mouvements du Bagua.

Sa succession « officielle » va promouvoir ensuite des formes qui ne transmettent pas cette capacité.

La deuxième chose, c’est ce qui était le cœur de l’enseignement de Zhang Zao Dong.

Le maître enseignait lui-même une fois par semaine dans son école, et donnait des cours particuliers régulièrement sur rendez-vous. Il avait aussi un groupe soudé d’élèves/disciples proches de lui.

Dans son école de Tianjin, l’enseignement du maître avait deux facettes qui se complétaient :

Des « exercices de force » (gong li) et de fa jin,
Des exercices de marche et de déplacements.

Les « exercices de force » se composaient de deux séries d’exercices pour développer la force physique, la liaison du corps, le conditionnement et la coordination.

La première série comporte douze exercices de force, pour développer un corps solide.

La deuxième série comporte 64 exercices qui travaillent sur la coordination, la force et la souplesse.

Les exercices de fa jin comportent trois étapes :

Les huit paumes et leur fa jin,
Les paumes mères et leur mise en action,
Les 64 frappes et 32 techniques.

Les huit paumes sont six façons de frapper avec la paume dans deux directions. Cela comporte plusieurs nei gong par paume, des exercices à faire seul, en mouvement, et des exercices à deux.

Dans le Baguazhang de l’école Zhang Zao Dong, nombre d’exercices développent la force de la paume et la formation de la main.

Ces exercices provoquent rapidement des changements réels de qualité de paume : sa force, sa capacité d’écoute et sa structure.

Les premiers exercices sont donc les huit paumes :

Percer, la paume du ciel,
Ramener, la terre,
Pousser, la paume feu,
Embrasser, l’eau,
Trancher, le vent,
Couper, le tonnerre,
Soulever, le lac,
Vriller, la montagne.

Chaque paume est traditionnellement reliée à un trigramme yin/yang du Yi Jing (ce n’est pas très utile pour les arts de combat, mais c’est l’origine de leur nom).

Chaque paume forme la main pour une frappe précise et un mouvement, une direction.

Les paumes sont ensuite utilisées dans trois série d’exercices :

Les nei gong, pour développer la circulation énergétique,
Les li gong, pour la force et la liaison de tout le corps avec la main,
Les fa jin, pour amplifier l’impact des frappes.

La frappe d’une paume « entraînée » provoque une pénétration de la force et une capacité à ébranler la structure de l’adversaire, et cela bien différemment des poings.

Les paumes mères reprennent les huit paumes, avec des changements de direction qui se mettent sur la marche en cercle. Ce qui est nouveau à ce niveau est donc la marche en cercle et la façon de changer entre différentes paumes dans un mouvement dynamique.

Les « 64 frappes et 32 techniques » sont des combinaisons rapides et des idées de techniques pour le combat. C’est une étape uniquement axée sur le combat et la dissolution rapide de toute confrontation physique.

Dans les exercices de marche, il existe une dizaine de façons de marcher sur le cercle et leurs applications en combat.

Dans les exercices de marche, il y avait plusieurs manières simples et pratiques pour changer de direction :

Les « deux manifestations »,
Les quatre changements pour la lutte,
Les trois paumes pour le combat (simple, double et fluide).

Les exercices de déplacements sont une forme qui cumule la compréhension des exercices de marche et des coups de pieds. On nomme cette pratique les « 72 jambes »…

Voilà pour l’enseignement de l’école de Tianjin sous la direction du maître à l’époque où il enseignait.

Ah oui… Il y avait aussi une forme (avec trois niveaux d’évolution) qui s’apprenait ensuite, et qui était un résumé, un mémento de tout ce qui avait été travaillé auparavant. Autant dire que sans le travail préliminaire et primordial de l’école (tout ce dont je viens de détailler), la forme était inutile et vide.

Voilà pour l’école du maître Zhang Zhao Dong, une école peu diffusée mais pourtant très riche.