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Adrénaline : assistance à personne en danger

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Dans les temps primitifs du développement de l’humanité, les êtres humains devaient lutter pour survivre. Tous les jours, pour manger et vivre, les hommes défiaient la mort.
 
La confrontation à la possibilité de disparaître était aussi présente que la vie elle-même. Nous n’avons pas tant changé que cela : notre système immunitaire fonctionne encore comme au temps de la survie.
 
La réponse aux stress importants déclenche une libération d’adrénaline qui permet de faire face aux deux possibilités les plus importantes : fuir ou combattre ( « fight or flight syndrome »). Cette décharge nous permet d’avoir une fonction neuromusculaire accrue et de mieux résister aux douleurs.
 
Dans notre société aseptisée et déresponsabilisée, nous sommes peu confrontés à ces mécanismes extrêmes du corps, du coup, ils finissent par nous surprendre. Nous prenons cette sensation normale d’assistance à personne en danger comme une manifestation pathologique de notre faiblesse face à une situation : cela nous submerge ou nous paralyse au lieu de nous porter dans notre choix d’action ou de fuite.
 
Dans la conduite d’une voiture, il est demandé d’embrayer puis d’accélérer. Si vous le faites, vous aurez un mouvement qui dépend de la force avec laquelle vous pousser votre machine. Si vous accélérer sans embrayer une vitesse, vous avez un bruit terrible, un tremblement de la structure et un certain étonnement du conducteur qui ne voit pas le mouvement attendu. 
 
L’adrénaline provoque le même phénomène chez l’homme : si nous apprenons à nous en servir, c’est une aide inestimable, sinon cela ne fait que nous perturber.
 
Il nous faut maintenant reconnaître les différentes manifestations de ces décharges dans notre corps. Il existe cinq grandes manifestations de nos peurs et de nos angoisses qui vont correspondre à des libérations problématiques d’adrénaline :
  • L’angoisse d’anticipation,
  • La peur d’avant confrontation,
  • La peur dans la confrontation,
  • La deuxième dose dans la confrontation,
  • L’angoisse d’après la confrontation.

 

Par nos angoisses quotidiennes pathologiques, nous relâchons sur des longues périodes de petites doses d’adrénaline sans but ni cause précis.
 
Une confrontation possible avec le conjoint, le chef de service, les « collègue » de travail, provoque cette angoisse inutilement. Plus le corps s’habitue à cette libération constante d’adrénaline, plus le sujet sera tendu, agité et inapte à répondre à une situation réelle d’urgence. La constante stimulation du système, sans raison et sans action, est comme une voiture non embrayée qui accélère sans cesse, brûlant ainsi le moteur.
 
La supputation compulsive de situations conflictuelles possibles nous détruit et rend notre quotidien laborieux. Autant lutter contre les situations qui se présentent plutôt que de combattre des moulins à vent. De plus, après un certain temps, cette énergie inutilisée, stagnante et « qui chauffe », va se retourner contre une personne plus faible que nous dans notre quotidien : un conjoint, un enfant ou un petit animal familier (si on est vraiment faible et pitoyable). Cette douce libération de « poison » doit être identifiée et sublimée pour ne pas nous détruire.
 
C’est une angoisse, donc du domaine du monde des pensées. C’est un travail d’alchimie interne qui commence avec le Qi Gong.
 
Dans la planification d’une confrontation réelle, il est normal d’avoir peur. Cette stimulation nous prépare pour une réalité. Que ce soit pour la demande d’une augmentation, la perspective d’une rupture avec un proche, d’un combat sportif ou pour sa vie, la sensation va croître jusqu’à la manifestation de l’événement.
 
Cette peur peut être celle de la défaite comme celle du succès. Cette décharge d’adrénaline dure assez longtemps et devient inutile. Il est très difficile de ne pas être la victime de cette période d’attente, souvent bien plus terrible que ce que nous attendons réellement.
 
C’est du domaine de  « calmer l’esprit », mais cela représente un niveau de pratique avancé.
 
Dans une situation conflictuelle, et suivant notre niveau de connaissance de ces phénomènes, nous aurons une décharge violente et enrobante d’adrénaline.
 
Selon notre réalité, nous serons dépassé par l’envol d’un moineau ou par un combat à la baïonnette dans la nuit noire. Plus nous sommes intime avec ces décharges et ces situations, plus nous vivons celles-ci pleinement, dans l’abandon. La réponse sera d’autant plus juste si notre intellect ne participe pas : nous sommes dans la réponse instinctive qui dépend directement d’une adaptation aux perceptions ; l’esprit mental compulsif n’y a pas sa place.
 
Nous pourrons doucement nous familiariser avec nos réactions dans une exposition progressive à nos peurs. Ainsi nous serons plus apte à répondre normalement à la vie, dans une non résistance typique du taoïste.
 
Dans une situation de conflit avec la vie, nous pouvons mal juger une situation. Cette erreur de jugement peut nous apparaître subitement dans la réalisation de la confrontation : de nouveau nous passons par une peur de faillir ou de réussir qui va nous donner une « deuxième tournée » de libération brutale de stimulant naturel.
 
Trop souvent ignorée par les savants trop casaniers dans leurs études sur la peur, la deuxième vague peut briser notre action dans sa réalisation. Confiant de nos capacités, mais surpris par la tournure de la réalité, nous pouvons être mis KO par ce phénomène.
Une imagination fantasmatique, nourrie d’espoirs et de rêves, peut être à l’origine de la différence entre nos projections et la réalité. J’aime l’image du combattant de salon qui frappe réellement pour la première fois sur un adversaire. Il est sûr du pouvoir immensément destructeur de son poing d’acier et il est surpris par l’absence absolue de résultat sur l’autre en face de lui.
 
L’imaginaire et les livres bon marché lui assuraient la victoire pourtant, mais la réalité n’est pas aussi séduisante. Il peut être parti au combat fort de ses illusions et recevoir « une deuxième vague » de peur qui va au pire le paralyser, au mieux le faire fuir.
 
Un mari qui veut rompre avec sa femme peut être sûr de lui et de sa puissance jusqu’au moment de la confrontation finale où c’est sa compagne qui le quitte.
 
Son univers d’homme décisionnaire peut être la source d’une décharge mémorable d’adrénaline. L’exposition aux peurs va aider à mettre le niveau de réponse à la peur à un degré agréable pour la vie de tous les jours : Ce niveau diffère selon que l’on est couturier ou agent des forces spéciales.
 
Après le conflit, une libération « traînante » subsiste et relâche les tensions résiduelles. Que la confrontation soit un succès ou non, il y a à ce moment là une sensation souvent violente qui conclue cette expérience finalisée.
 
Les émotions qui vont être liées à la résolution heureuse ou non de la confrontation vont rendre ce moment facilement perceptible ou pas. Lorsqu’on est très heureux du succès d’une confrontation, la décharge correspondante finale peut se confondre avec les signes émotifs exprimés, mais c’est de tout façon là.
 
Plus la phase de confrontation sera non résolue, plus cette phase sera violente. Si l’ensemble des étapes ne se conclut pas dans une résolution franche, les résidus seront très présents et très encombrants.
 
Comment reconnaître ces manifestations de la libération de l’adrénaline ?
 
Les résultas d’une décharge lente, le type 1 de l’angoissé et le type 2, sont bien plus dangereux et peuvent devenir chroniques. Les mêmes symptômes peuvent exister pour une mauvaise réaction psychologique au type 5, la décharge d’après coup, c’est l’état de choc.
 
Nous avons quatre grands symptômes :
  • La perte du sommeil ou sommeil perturbé,
  • La perte de l’appétit ou perte de poids,
  • Les syndromes dépressifs,
  • L’hypertension artérielle et palpitations.

 

En ce qui concerne les libérations violentes du moment même de la confrontation, du conflit, nous trouvons cinq manifestations générales :
  • une agitation qui part des battements du cœur pour faire trembler le corps en entier (voix comprise),
  • un manque de salive et une suée spontanée (mains comprises),
  • une vision en « tunnel » qui réduit la vision périphérique (utile mais dangereuse),
  • une nausée possible ou une envie d’aller aux toilettes,
  • une distorsion du temps qui peut paraître plus long ou plus court.

 

Voilà pour les manifestations répertoriées comme les plus fréquentes dans les études sur la peur et la biochimie de celle-ci.
 
Pour retrouver une certaine détente dans ces situations, une normalité de fonctionnement, nous avons trois concepts essentiels :
  • accepter par une compréhension intellectuelle et expérimentale des mécanismes du corps,
  • sentir la décharge d’adrénaline sans la confondre avec de la faiblesse,
  • utiliser, se servir de ce plus naturel pour « fuir ou combattre » la situation.

 

Voilà pour cette introduction.